Château Musée Vodou Strasbourg

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Le programme scientifique et culturel 2016

Le Château Musée Vodou de Strasbourg 

Une collection unique au monde

Le Château Vodou, unique en son genre, héberge la plus importante collection privée d’objets vodou ouest-africains au monde.

Tous les objets présentés ont été utilisés dans des pratiques religieuses : culte des ancêtres, médecine, divination, naissance, sorcellerie ou autres évènements liés aux grandes étapes de la vie.

Grâce à une scénographie sensible le public est invité à découvrir une culture méconnue et une philosophie de vie encore très pratiquée aujourd’hui.

La collection, originaire du Ghana, du Bénin, du Togo et du Nigéria, dévoile ses secrets dans un écrin exceptionnel : un château d’eau de 1878.

Le Vodou, une immense fabrique de Dieux et de formes

Lorsqu’on entend parler du vodou, on a plutôt tendance à penser aux scènes vodous hollywoodiennes animées par des transes violentes, des zombies et des poupées percées d’aiguilles plutôt qu’à une philosophie de vie pratiquée par des millions de personnes dans le monde ou des Arts primitifs et Arts Premiers Africains.

Il est vrai que le vodou est partout, non seulement en Afrique de l’Ouest, son berceau, mais aussi en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, aux Caraïbes depuis que les esclaves d’Afrique l’ont transporté là-bas en eux, mais aussi en Europe grâce aux mouvements migratoires du xxe siècle. Qu’on le considère comme une religion ou une philosophie de vie, le vodou englobe un vaste champ de croyances et de pratiques.

Le vodou est une manière d’appréhender le monde d’ici et de là-bas comme un tout où l’homme dépend de cet autre monde, invisible, peuplé d’ancêtres, d’esprits, de dieux et de toutes les énergies capables d’intervenir dans la vie des gens.

On peut dire que chaque histoire de vodou commence par un traumatisme : les explications des catastrophes, des maladies et des morts, des guerres et d’autres désastres trouvent leur réponse dans ce monde parallèle. En effet, le vodou est une façon d’interpréter ce malheur. Malheur, qui, allant d’un simple échec à un examen à une mort violente, devient alors interprétable comme un message d’ailleurs.

Présentation du Château Musée Vodou de Strasbourg

 

Le Château Musée Vodou Strasbourg veut offrir au visiteur une expérience surprenante

  • Il ouvre l’esprit sur un monde imaginaire ;
  • Il fait connaître une culture différente et vivante, à travers une collection d’objets insolites.

Le terme de « vodou » s’écrit « vodoun » au Bénin, « vaudou » en Haïti et « voodoo » en Louisiane où subsistent quelques adeptes. Des noms différents pour des pratiques différentes qui ont évoluées en fonction du contexte local. Aujourd’hui certains spécialistes estiment qu’il y aurait dans le monde 200 millions de pratiquants, toutes variantes confondues.

 

Un jardin vodou 

Kò sí ewé kò sí orìs_à  « Sans feuilles, pas d’orixás ». Proverbe en pays vodou.

JARDIN VODOULe  monde vodou vit et compose entre autre avec le monde végétal : 41 espèces de plantes sont recensées dans la pratique  du culte. Elles  permettent de soigner les maux et  les troubles des consultants du Bokono mais également d’entrer au coeur de la composition des fétiches.

Le Château Vodou a souhaité présenter plusieurs de ces espèces et  proposer à votre découverte ces plantes et  leurs vertus médicinales.

S’il a été difficile de trouver l’ensemble des espèces de graines et de plantes,  nombre d’entre elles vous sont cependant présentées dans la serre du jardin vodou.  C’est ainsi que vous pourrez observer l’essentiel des espèces utilisées dans la pharmacopée vodou et dans la fabrication des fétiches visibles au Château Vodou. Nous continuons à approfondir nos recherches des exemplaires qui manquent à notre inventaire pour vous permettre de les découvrir dans un prochain avenir…

Visite libre avec le billet d’entrée au Château. Visite unique du jardin : 2 €.

 Le fétiche protecteur du musée

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Kelessi ou Kelesi

En 2013, un autel vodou, le seul vivant dans l’exposition, prénommé « Kelessi » (kel : le jour, si : épouse), que l’on retrouve parfois écrit « Kenessi », « Kelesi » ou encore « Kenesi », situé au rez-de-chaussée du Musée Vodou à Strasbourg, a fait l’objet d’une véritable cérémonie par le prêtre vodou togolais Azé Kokovivina.

Ce dernier, chargé d’une mission de protection, veille sur la prospérité de ce nouvel établissement à Strasbourg.

Kelessi est un esprit capable d’assurer une protection contre les attaques, même des sorciers. Il s’agit d’un « démon » femelle, car la sorcellerie étant le plus souvent attribuée aux femmes.

Avec ce vaudoun Kénesi, le château obtient une protection ambigüe en pactisant avec les sorciers, à la façon dont un dzoto parvient à domestiquer à son service des âmes en peine dangereuses qu’il doit veiller continuellement à tenir en subordination.

Ce fétiche constitué en grande motte, plusieurs couches de tissus, de cranes et ossements de caprins et bovidés, est enduit d’épaisses couches jaune-orangées de libations d’huile de palme.

Kénessi est en position dominante dans le château vodou.

Vodou style

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Grâce à sa souplesse naturelle, le vodou témoigne d’une fantastique capacité d’adaptation, qui lui permet de trouver son chemin dans la modernité, aussi bien en Afrique qu’en Amérique. Transporté à l’origine par les esclaves et pratiqué en cachette dans les plantations, le vodou – s’épelant dès lors vaudou – s’y est amalgamé à d’autres visions du monde: au Brésil, le Candomblé a intégré les esprits caboclos indiens aux orishas (vodous) yorubas, tandis qu’en Haïti les descendants des esclaves ont établi des correspondances entre les loa et les saints chrétiens. La bouteille magique ci-contre a ainsi été conçue pour capter l’aura d’un saint, sans doute François d’Assise. Le Christ lui-même est considéré comme un vodou exceptionnel, taquinant dans les autels des temples vodous lamasse d’un Sakpata ou les formes élancées d’un Hébiéso. La logique vodou parvient alors sans perdre son âme, en raison de sa malléabilité originelle, à intégrer des propriétés et des concepts provenant d’autres cultures, sinon d’autres religions.

Loin d’appartenir au passé, le vodou semble aujourd’hui traverser une phase cruciale de son histoire mouvementée. Ainsi, contre toute attente, il semblerait bien que sa vision du monde soit particulièrement adaptée aux exigences de l’heure, loin des clichés ruralistes d’une Afrique plus ou moins fantôme. Du reste, alphabétisés ou entourés de lettrés, les prêtres du vodou œuvrent aujourd’hui à un vaste projet de traduction, et donc d’adaptation, de leur système de croyance, afin de le rendre accessible au commun des mortels.

Une pratique de plus en plus urbaine

Reposant sur des principes de tolérance, la philosophie vodou évolue avec aisance dans les nouvelles villes ouest africaines, de plus en plus peuplées et multiculturelles. Nullement incompatible avec les profondes transformations sociales, économiques et culturelles qu’elles connaissent, le vodou permet de donner des clés de compréhension aux conflits. Il se rend ainsi particulièrement efficace dans ces sociétés fragmentées, éclatées par un néo-libéralisme décidément incontrôlé, où la concurrence grippe la mécanique des solidarités traditionnelles. Son esthétique de la violence et sa capacité d’enchantement ne sont nullement étrangères à la modernité et à ses technologies. Conscients du fait que sa survie dépendra de sa capacité à se réinventer, ses adeptes ou sympathisants marquent leur présence avec de plus en plus d’insistance sur leWeb, où l’universalisation de son message est en train de prendre une forme que d’aucuns qualifieraient de New Age. Il est en tout cas frappant de retrouver sur un réseau social (Facebook) ou un site très populaire (Youtube) des images d’une cérémonie, si modeste soit-elle, le lendemain même de son déroulement! De fait, les charlatans profitent de cette nouvelle fenêtre sur le monde pour y offrir des «services» dont la teneur en vient parfois à forcer le trait du cliché hollywoodien.

Une source d’inspiration

À la manière des adeptes du vodou, avec lesquels ils se confondent parfois, les artistes contemporains du golfe du Bénin procèdent à de passionnants et parfois intrigants bricolages culturels, de manière à inscrire leur œuvre sur plusieurs plans. La route de la reconnaissance de cette démarche a été ouverte par l’exposition «Les Magiciens de la terre» au Centre Pompidou, en 1989, sur laquelle Cyprien Tokoudagba (1939-2012) a été l’un des premiers à s’engager. Originaire du Bénin, celui-ci s’est d’abord consacré à la décoration de temples (ses bas-reliefs sont toujours visibles dans la région d’Abomey, ancienne capitale du royaume du Danhomè), avant d’adapter cette pratique religieuse aux critères du marché de l’art occidental. Ses œuvres sont aujourd’hui exposées dans les plus grands musées d’Europe. Ce pionnier sera suivi par Georges Adeagbo, El Anatsui, puis bien d’autres, tels Romuald Hazoumé, Dominique Zinkpé, Meschac Gabas, Yao Metsoko, Kissito Assagni, William Wilson, ainsi que, une fois n’est pas coutume, des artistes ayant recours à la performance, comme Sokey Edorh, dont les actions dans les rues africaines ne sont pas toujours bien reçues, faisant apparaître en plein jour ce dont on ne parle pas en public.

Depuis longtemps, les écrivains se sont eux aussi engouffrés dans cette brèche culturelle, qui n’est pas sans rapport avec les transformations qui secouent ces sociétés. Sans forcément y adhérer, ces créateurs se lancent dans d’infinies spéculations sur ce qu’est ou devrait être la remise en jeu de la tradition dans le monde présent. On pense ici aux tribulations du prix NobelWole Soyinka, aux essais de Kangni Alem ou aux écrits de Sami Tchak. Cette tension traverse aussi la danse (Vincent Harisdo ou Koffi Kôkô), le théâtre (le Togolais Béno Allouwasio Sanvee) ou la prolixe « home-video » nigériane, qui a inventé le «soap mythologique» en revisitant à l’écran les récits mythologiques, comme celui de Shango.

Une religion atlantique

Sa diffusion atlantique rappelle que le vaudou demeure aujourd’hui encore une référence culturelle et religieuse pour des millions de personnes réparties dans le monde, non seulement au Brésil, en Haïti, en Jamaïque ou en Louisiane, où il accompagna les esclaves, mais aussi, et de plus en plus, en Europe, où il suit les nouveaux chemins des migrations économiques. Ainsi, certains prêtres vodous, comme Brigitte Ékué – en charge d’un culte de MamiWata, dont elle met en valeur les propriétés hindoues (et cela n’est nullement un hasard) –, développent leurs activités simultanément au Togo, au Bénin, au Ghana ou au Nigeria, dont ils sont originaires, et dans les villes d’Europe ou d’Amérique où les contingences économiques les ont amenés. Étonnamment, le public qu’ils y trouvent n’est pas uniquement composé de concitoyens, mais aussi de sympathisants de toutes origines. Plus étonnant encore, les militants du renouveau vodou en Afrique de l’Ouest reçoivent aujourd’hui le renfort de leurs cousins brésiliens, qui aiment à retourner à leurs origines par le biais des cultes vodous, dont la mémoire ne s’est jamais effacée dans les terreiros de Salvador, de Rio ou de Recife.

Incontournable

Le vodou a su se rendre incontournable : aucun homme politique des pays où il demeure vivace ne saurait se passer des conseils d’un devin, ne serait-ce que par sa présence à ses côtés au cours des cérémonies officielles ; et tout événement politique notable est systématiquement interprété d’un point de vue vodou. Depuis 1994, la République du Bénin a même fait du 10 janvier un jour férié dédié nationalement au «vaudou et aux religions traditionnelles », alors que les pratiques vodous avaient été interdites sous le régime révolutionnaire de Mathieu Kérékou (1972-1990). De son côté, le Togo fait également état dans le cadre de la Fédération nationale des cultes vodou du Togo (FNCVT) d’un mouvement visant à organiser les pratiques vodous. Lors de son congrès statutaire (28 décembre 2012), cette fédération précise que «l’adhésion aux valeurs et aux pratiques ancestrales n’est pas un frein à la démocratie ni un retour aveugle à l’antiquité négative, mais [qu’]elle est plutôt une affirmation de l’identité culturelle, une volonté de concilier tradition et modernisme en vue d’une évolution, d’un progrès, voire d’un développement positif de nos peuples. Nous pensons que la pratique du culte vodou doit se faire dans le profond respect des libertés d’association, d’opinion, d’expression et de tolérance religieuse, ainsi que des droits de l’homme.»1 Au demeurant, la question de la création d’une journée du vodou, en quelque sorte sur le modèle béninois, était au programme des discussions lors de cette rencontre inédite dans un pays à l’histoire politique récente différente de son voisin, et moins enclin à valoriser les initiatives populaires. La dynamique de renaissance culturelle qui caractérise aujourd’hui ces pratiques que l’on aurait pu croire moribondes s’exprime ainsi par la multiplication des événements culturels dédiés au vodou, associant au cours des mêmes festivités les adeptes des temples et une programmation world music. Il en est ainsi du festival des Divinités noires au Togo et au Bénin (initiative du notaire togolais Yves Tété Wilson), qui, depuis 2005, tente de répondre à cette gageure avec un succès grandissant dont l’écho se fait entendre jusqu’au Brésil. Le vodou et la véritable exégèse à laquelle il donne lieu dans l’ensemble de la diaspora africaine attestent d’une forme de renaissance, parallèlement à sa reconnaissance comme philosophie et non plus seulement comme pratique ésotérique. Le plus frappant sans doute est que le vodou parvient à délivrer un message culturel universel, dépassant de loin le simple cadre des adeptes : désormais, il n’est plus nécessaire de croire au vodou pour en tirer l’une des leçons de vie évoquées dans la gigantesque encyclopédie orale contenue dans le corpus du Fa. Comme on voit, le vodou n’a pas dit son dernier mot, certainement pas !