Le catalogue de l’exposition temporaire 2024 et de nos 10 ans !
« Donde los ojos no pueden ir, donde los oídos no pueden oír, el corazón, él, va. » – Proverbio beninés.
Es con el corazón que Marc y Marie-Luce Arbogast fundaron una obra excepcional: el Castillo Vodú de Estrasburgo.
Durante años, y con mucha energía, reunieron, protegieron y luego revalorizaron, dentro de un museo en Alsacia, la mayor colección de vodú de África Occidental del mundo.
Es también con nuestros corazones que hemos realizado una selección de las piezas más fascinantes de la colección.
Desafío arduo (y subjetivo) que el equipo se propuso para la exposición del décimo aniversario del Castillo Vodú. Lo sagrado, el arte y la ciencia se interpelan y yuxtaponen continuamente en el vodoun/vodú.
Comment effectuer un choix parmi 1400 objets ?
Fallait-il établir un échantillon représentatif des artefacts les plus importants dans le culte ? Choisir sur des critères esthétiques/artistiques ? Nous laisser convaincre par les émotions qu’ils provoquent en nous ? Opter pour ce qui nous évoque le plus le mot « trésor » ?
S’en sont suivis des débats enflammés et jamais clos autour des questions qui s’imbriquent autour de la collection : souhaitions-nous une exposition avec un éclairage « anthropologique » ? Quelles limites devions-nous fixer face aux tabous du sacré ? Et notre tentation de toujours tout rationaliser est-elle inéluctable dans nos métiers ? Comment définir « l’art africain » sans entrer dans une construction occidentale ? Exposer est-ce fatalement installer l’objet dans un statut d’œuvre d’art ?
Les pièces vodou ont une esthétique saisissante, surprenante. Leur plasticité complexe rend l’analyse périlleuse, même pour les plus grands spécialistes. La tentation existe, lorsqu’on les scrute et que leurs formes entrent en résonance avec notre intime, de les qualifier d’œuvres d’art. Et pourtant… ce concept n’est pas celui qui a guidé leur création. L’appréciation des créations culturelles de l’Afrique est un intérêt récent, lié à certains artistes et collectionneurs du début du XXe siècle. Conçues dans un but utilitaire, incorporés au religieux, leur vocation artistique ne peut être décontextualisée.
La plupart des objets présentés appartiennent au domaine intangible, inviolable du sacré. Ils ont pour vocation de maîtriser le chaos, d’empêcher le pire, la maladie, la mort, le malheur.
Leur force vitale, leur puissance, est le résultat de longs processus, de nombreux ingrédients, de diverses invocations. À cette fin, les hounon traversent des frontières pour communiquer avec l’invisible. Ils transgressent les règles de la société pour maintenir ce fragile équilibre entre l’ordre et le désordre. Ainsi, tout comme le religieux suscite éblouissement ou effroi, incompréhensions et peurs, les objets vodou reflètent, dans leur apparence, dans leurs mimiques, ces émotions.
Sans s’arrêter sur une définition du sacré, cette réalité tout autant subjective qu’objective, nous souhaitons souligner son importance dans la confection des objets vodou et leur aspect esthétique.
Ces objets inertes cachent une force vibratoire, un flux de communication entre l’humanité, les divinités et la nature. La puissance magique, malgré la beauté de l’objet suivant le point de vue du regardeur, ne peut être occultée.
Faire appel à l’anthropologie permet également d’apporter un éclairage pertinent sur la raison d’être de ces pièces à travers l’étude de leur contexte géographique, sociologique et humain. Elle met en mots les croyances et leurs fondements, leurs évolutions, perce les secrets de la composition des objets, leurs symboles.
Ce cheminement entre culture et mémoire, besoins du quotidien et plasticité, flore et matériaux hétéroclites, fonctionnalité et secrets, vous mènera, nous l’espérons, à faire le plein d’émotions et d’expériences sensibles au cœur du trésor vodoun des arts sacrés d’Afrique
- Éditeur : Association des Amis du Musée Vodou
- Parution : 02/2024
- Nombre de pages : 164
- Dimensions : 25.00 x 19.00 x 1,9
- Tarif : 28 euros






