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Collection Vodou Arbogast

La collection d’objets vodou Arbogast

La collection d’objets vodou rassemblés par Marc et Marie Luce est composée de plus de 1000 pièces, dont 220 sont présentées dans le cadre de l’exposition permanente « le vodou, l’art de voir autrement ».

C’est de loin la plus grande collection d’objets vodou africains au monde.

Quelques photos d'objets de la Collection du Musée

Un collectionneur passionné

La passion de Marc Arbogast pour le vodou s’est établie de manière très naturelle, tout au long de sa vie et a été à la source de cette impressionnante collection.

Le premier lien a commencé à se tisser par le biais des plantes et de la pharmacopée qui sont omniprésentes dans le vodou. Marc Arbogast a passé une partie de son enfance dans les Vosges. Ses parents y possédaient une demeure nichée dans ce massif montagneux. Une sorcière était alors sa voisine, et soignait les animaux de la forêt par les plantes. A force de la côtoyer, Marc a développé une admiration pour les secrets d’herboristerie de la vieille femme.

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La mère de Marc était également proche d’Albert Schweitzer, un médecin et philosophe alsacien renommé. Marc a pu tenir une correspondance et échanger régulièrement avec cet homme. De fil en aiguille il se captiva pour la science et prit la décision de suivre des études de chimie. Il obtint avec succès un doctorat et ses connaissances ainsi développées lui permirent de s’approprier les secrets du vodou.

Le rapprochement avec l’Afrique a plutôt été influencé par son père, nageur olympique, qui a côtoyé Johnny Weissmuller, le futur acteur du film Tarzan et qui a pu leur conter les aventures et les mystères de l’Afrique. C’est pourquoi, à vingt ans, Marc décida de prendre un billet d’avion et de s’envoler pour la première fois en Afrique pour chasser avec sa femme Marie Luce…. Ce voyage sera le premier d’une longue série pour le couple et également le début d’une collection d’objets Vodou époustouflante.

Un livre présentant la collection d’objets Vodou de la collection Arbogast existe. Vous pouvez le trouver ici

La collection d’objets vodou

Un inventaire raisonné a été réalisé sous la direction scientifique de spécialistes des groupes ethniques du golfe de Guinée. A cette occasion, plus de 1000 objets ont été répertoriés, numérotés et documentés. L’inventaire permet d’accéder à de nombreuses et précieuses informations à leur sujet (leur nom, leur fonction, les ouvrages qui s’y rapportent, les liens avec d’autres collections existantes, etc.).

Fait assez rare pour mériter d’être mentionné, cet inventaire a été réalisé en collaboration avec des spécialistes locaux : chercheurs, mais aussi adeptes, prêtres et devins béninois et togolais. Pour cela tous ces objets ont été photographiés et les photographies présentées aux initiés Vodou des pays dont les pièces étaient originaires afin de connaître leur historique, les raisons de leur construction et la pratique des rites sur ces objets. Cet inventaire, prouve si c’était nécessaire, le sérieux de cette collection ainsi que son assise scientifique. Il sera mis à la disposition des chercheurs et du public dans un prochain temps.

Comment la collection d’objets vodou s’est-elle constituée ?

L’ensemble des pièces présentées dans le château d’eau sont des objets de culte, pour la plupart aujourd’hui désacralisés. Ils ont pour partie été collectés dans les pays où est pratiquée la religion vodou, mais également auprès de marchands ou collectionneurs européens.

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Contrairement aux autres objets d’arts africains, il est relativement difficile de collectionner des objets Vodou. En effet comme ce sont tous des objets de culte on ne peut les trouver qu’auprès des bokono, des sorciers, ou dans des couvents pour les initiés. On peut en trouver également dans les cases familiales, mais ils ne sont jamais donnés à la vue des étrangers et encore moins des non-initiés. C’est pour ces raisons que Marie Luce et Marc Arbogast ont dû souvent se plier aux rites Vodou afin de pouvoir assister à des cérémonies et ainsi entrer en contact avec les possesseurs de ces objets.

Comment se fait il que certains objets se retrouvent sur les marchés d’arts ?

Il arrive régulièrement que les propriétaires ou héritiers des objets s’en débarrassent eux mêmes et les délogent de leurs autels pour les proposer sur les marchés. Ils peuvent s’en débarrasser pour plusieurs raisons : mort du propriétaire, réalisation du souhait… L’objet n’étant plus honoré (alimenté par des sacrifices) ou ayant accompli la tâche pour laquelle il a été créé, il perd progressivement sa force et peut être assimilé à « une pile usagée ». Si aucun descendant n’est considéré apte à reprendre l’héritage, l’objet est alors définitivement désacralisé et pourra être vendu.

Le mot du collectionneur

« Le Château Vodou est l’aboutissement de ma passion pour l’Afrique, qui combine une curiosité pour les savoirs traditionnels, la chimie et la chasse. Sa source confuse remonte à mon enfance : je me souviens de ma mère, petite-fille de pasteur, qui n’avait de cesse de me parler d’Albert Schweitzer, dont nous admirions l’éthique du « respect de la vie », et  aussi de mon père, fasciné par Tarzan et l’image d’une Afrique mythique qu’il partagea avec moi. À cette époque, pourtant, aucun de nous n’y avait mis les pieds !

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Je me souviens aussi de la voisine de notre maison de vacances dans les Vosges, une vieille femme réputée pour ses connaissances en herboristerie, qu’elle appliquait aux animaux. On lui attribuait également d’autres pouvoirs… Cette sorcière-là m’a sans doute influencé dans mon choix d’entreprendre un doctorat de chimie organique, fasciné que j’étais par l’art de la combinaison de produits actifs, à la manière de l’alchimie.

Adulte, devenu ingénieur aux brasseries Fischer puis PDG, j’ai choisi le continent africain, vieille passion de mon enfance, comme destination pour mes chasses. Je m’y suis rendu à de nombreuses reprises et ai parcouru à pied des milliers de kilomètres sur les traces d’un éléphant, d’un buffle ou d’un lion. Là, sur le terrain, j’ai partagé des moments mémorables avec les Africains en découvrant leur rapport à la nature et à la magie. J’ai pu participer à des cérémonies impressionnantes et j’y ai aussi testé l’efficacité des pharmacopées traditionnelles, dont les secrets parvinrent plus d’une fois à nous sortir d’affaire. J’y ai appris qu’en Afrique l’art de guérir est souvent associé à un pouvoir mystique, dont témoignent justement les objets vodous que j’ai commencé à collecter dès les années 1960. Bon nombre de ces objets furent acquis au cours de ces voyages. D’autres auprès de marchands européens et en particulier de Jean-Jacques Mandel (rencontré grâce à l’artiste Thierry Bisch), grand passionné, qui m’a appris à mieux connaître ces objets ainsi qu’à former mon regard tout au long de ces années. Sans lui, ma collection ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui et j’ai apprécié qu’il accepte, connaissant mon projet, de me céder une partie de sa propre collection Je le remercie ici vivement.

Aujourd’hui, il m’importe de partager ma passion pour le continent africain et ses objets avec le public, à commencer par les habitants de ma ville natale, Strasbourg. Pour cela, j’ai acquis en 2008 un château d’eau désaffecté de la fin du XIXe siècle afin qu’il soit rénové et transformé en un musée. J’ai confié cette tâche à l’architecte strasbourgeois Michel Moretti, qui a réhabilité avec brio et persévérance ce vieux bâtiment abandonné en un musée unique dans son genre.

Je profite de ces dernières lignes pour exprimer ma reconnaissance à tous les prêtres et adeptes vodous qui ont accepté de nous transmettre leur vision du monde et nous ont reçus lors de nos nombreux séjours chez eux. Certaines de leurs paroles sont retranscrites dans l’ouvrage Vodou-Vodou, Autour de la collection Arbogast. Ce musée est aussi le leur.

Mais si l’aventure a pu être menée à bien, c’est d’abord grâce à la persévérance de ma femme Marie-Luce Arbogast : sans elle, ce musée n’existerait pas.

À l’image de mes voyages en Afrique, je voudrais que ce musée ainsi que le catalogue de la collection provoquent des rencontres surprenantes et audacieuses, attisant toujours et encore la curiosité pour la nature humaine, dans l’esprit de créativité qui est celui-là même qui préside à la fabrication de ces objets surprenants, parfois rebutants, mais toujours profondément humains. »